Les Cahiers de La Sainte Baume
Ouvrages divers
Les Cahiers de la Sainte Baume
CAHIER 10
Imprimerie : 48 pages
Prix : 6,00 €
Visitez nos pages sur la forêt et la grotte tirées de cet ouvrage !
De nos jours, nous ne connaissons plus la réalité du pèlerinage. Nous allons toujours à Lourdes, à Fatima, à Rome, en Terre Sainte... mais nous y allons en train, en autobus, en automobile ou en avion. Nous pensons que l'essentiel du pèlerinage, c'est le sanctuaire où nous nous rendons. Eh bien non ! l'essentiel du pèlerinage est dans la longue marche, à pied, que nous entreprenons pour nous rendre à ce sanctuaire. Ainsi, seulement, nous retrouvons pour un temps l'état spécifique du croyant qui, tel « un nomade », part à la recherche de son Dieu et de son Royaume. Dieu dit à Abraham :
« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t'indiquerai » (Genèse 12,1).
Et le peuple que Dieu s'était choisi
a marché, disons plutôt erré, pendant quarante ans dans le désert avant d'être apte
spirituellement à entrer dans la Terre Promise où coulent le lait et le miel.
Le mot latin qui désigne le pèlerin est « peregrinus ».
Le mot est très significatif : il s'agit de « pérégriner »,
et non pas de se rendre par le plus court chemin et dans le temps le plus bref au
lieu où l'on pense avoir rendez-vous avec Dieu ou l'un de ses saints. Il faut
« pérégriner », c'est à dire marcher longtemps, durement,
afin de purifier son corps et surtout de libérer son esprit pour être en état de
disponibilité à la Parole de Dieu qui va nous transformer et nous faire entrer dans
un monde nouveau. Le « peregrinus » devient un pauvre,
un nomade, un errant, un étranger... et un homme libre ! L'une des devises des
Compagnons du Tour de France nous l'affirme :
« L'homme qui marche est un homme libre ».
Pour aller à Saint-Jacques-de-Compostelle, c'est-à-dire à l'extrémité de la terre, le
pèlerin prenait largement son temps : rarement il prenait une route directe,
mais il « pérégrinait » à travers villes et villages,
allant de sanctuaire en sanctuaire tantôt à gauche, tantôt à droite. C'est ainsi que
les pèlerins de Saint-Jacques, venant d'Italie, s'arrêtaient à Saint-Maximin où ils
vénéraient le tombeau et les reliques de Marie Madeleine, puis ils montaient à la
Sainte « Baoumo » où l'on disait qu'elle avait vécu
« longue espace de temps »; enfin ils redescendaient,
à travers la garrigue, sur Marseille où ils allaient vénérer les restes des premiers
martyrs. La très belle église du Plan d'Aups (XIème siècle) garde le
souvenir de cet itinéraire sinueux par sa dédicace à saint Jacques.