Visite de la Grotte de Marie Madeleine
Extraits du « Guide du Pèlerin à la grotte de sainte Marie Madeleine »

Été comme hiver, la température y est constante: elle est de douze degrés. Il est donc recommandé de ne pas y entrer en état de transpiration et même il est bon de se revêtir d'un lainage.

Le Rocher de la Pénitence

A l'intérieur de la Grotte, rendons-nous tout de suite au « Saint des Saints », c'est à dire sur ce rocher proéminent et toujours sec où la légende veut que Marie Madeleine ait établi là sa couche et son campement à l'abri des gouttes et de l'humidité. Depuis toujours, les pèlerins ont vénéré plus particulièrement ce rocher précis. Chacun voulait en ramener chez lui quelques morceaux que l'on désignait comme étant « des plumes du duvet de la Madeleine ». La pression des pèlerins se faisait si forte et les dégradations si importantes que le roi Robert fit fermer par des grilles le lieu saint qu'on dénomma alors « la chambre de Marie Madeleine ».

Rocher Pénitence

De nos jours, on accède au « Rocher de la Pénitence » par un escalier monumental intégré dans l'ensemble architectural du Maître-Autel réalisé en 1867 par l'architecte marseillais Grinda. Sur ce rocher, on se trouve en face d'une très belle statue en marbre de Carrare, oeuvre du très célèbre sculpteur français Jean Antoine Houdon(1741-1828). Cette magnifique sculpture est censée représenter notre Marie Madeleine !

Près de la source de saint Sidoine

source

On redescendra du Rocher de la Pénitence par la rampe opposée à la montée. Au bas de l'escalier, on trouvera une source à gauche de la statue de sainte Marie Madeleine en gloire. On la dénomme « Source de saint Sidoine » en mémoire de l'aveugle né, guéri par Jésus (Cf Jo Ch. 9) et qui fit partie du groupe des exilés en Provence. La tradition nous dit qu'il succéda à Maximin, comme deuxième évêque d'Aix en Provence. Cette source d'eau très pure a justement alors la propriété de guérir les maladies des yeux.

Marie-Madeleine

A côté de la source on trouve une belle statue de « Marie Madeleine élevée par les anges » et signée Alexandre - 1874. C'est au pied de cette représentation de l'Apôtre des Apôtres que la multitude des pèlerins et des visiteurs viennent prier et l'invoquer afin qu'elle intercède en leur faveur. C'est toujours un flamboiement de cierges et de veilleuses. Il y a aussi de nombreuses offrandes de fleurs et des ex- votos en remerciement des grâces reçues.

Le Reliquaire de sainte Marie Madeleine

Le Reliquaire

En continuant notre visite des lieux nous pourrons apercevoir un très précieux reliquaire du célèbre orfèvre de Lyon Armand Caillat. Cet admirable ouvrage d'orfèvrerie et les reliques qu'il contient ont toute une histoire que le chanoine Escudier a pris soin de nous raconter dans son ouvrage sur la Sainte Baume.

Ces quelques reliques de la Grotte de la Sainte Baume, attribuées à Marie Madeleine, ont fait l'objet d'une étude anthropologique en 1974, avec les ossements, dont le crâne, venant de Saint-Maximin et de l'église de la Madeleine à Paris. La conclusion de cette étude est la suivante: « Sans pouvoir affirmer ou infirmer que les ossements examinés appartiennent au même sujet, on peut cependant dire qu'ils appartiennent à une femme de petite stature, de type méditerranéen gracile, et âgée d'une cinquantaine d'années ».

La Descente dans la basse Grotte

On dit communément que c'est dans cette partie de la Grotte que vivaient les moines de Jean Cassien ! Actuellement, une telle affirmation parait incroyable étant donné l'humidité et la nuit qui règnent dans cet espace. Mais il faut savoir qu'à cette époque, il n'y avait pas de construction et de mur et qu'ainsi la lumière et l'air pur pénétraient abondamment dans cette partie.

La statue de Marie Madeleine, offerte par Mgr Dupanloup

La statue offerte par Mgr. Dupanloup

On commencera par aller admirer une belle statue de Marie Madeleine offerte par Mgr Dupanloup en 1867... Par qui a été exécutée cette sculpture voulue par Mgr Dupanloup ? D'après une lettre du Père Hyacinthe Marie Cormier, du 5 Septembre 1867, nous pensons pouvoir avancer le nom de l'artiste Cabuchet, auteur déjà d'une statue de saint Vincent de Paul et du curé d'Ars.

Les Blasons

Les blasons

Au pied de sainte Marie Madeleine ont été disposées deux plaques armoriées et de belle facture. Il s'agit des écussons de la famille du duc François de Bonne de Crequy de Lesdiguière, Maréchal de France et gouverneur du Dauphiné. Il vint en pèlerinage à la Grotte de la Sainte Baume en 1646 où il fit refaire l'autel principal sous le baldaquin de Louis XI. Sans doute avait-il fait placer ces deux écussons familiaux de chaque côté de l'autel.

En souvenir de François et Gérard Petrarque

Le Mémorial à Petrarque

Après être remonté dans la partie supérieure de la Grotte, on ira voir l'étonnante plaque qui a été scellée en 1955 près de la porte conduisant à la sacristie et au monastère. Le comité franco-italien du professeur Arrighi a voulu qu'il soit fait mémoire en ce lieu de François Pétrarque venu plusieurs fois en pèlerinage à la Sainte Baume. Le pèlerinage le plus marquant fut celui qu'il accomplit avec son frère Gérard en 1342. Peu de temps après, celui-ci entrait pour toujours à la Chartreuse voisine de Montrieux. Quant à François, il voulut immortaliser sa dévotion à Marie Madeleine par ce beau poème en langue latine inscrit sur cette plaque de marbre.

Vue d'ensemble depuis le Rocher de la Pénitence
Vue d'ensemble

Les vitraux du Compagnon Pierre Petit

Vitrail au-dessus de la porte

Notre « pèlerinage » à l'intérieur de la Grotte de sainte Marie Madeleine sera surtout illuminé par les sept très beaux vitraux qui y ont été placés ces dernières années. Ils sont l'oeuvre de Pierre Petit, connu sous son nom de Compagnon de l'Union « Tourangeau, disciple de la Lumière ».

Comme tous les Compagnons, il fait son pèlerinage à la Sainte Baume, le haut lieu de leur tradition spirituelle. Marie Madeleine, comme pour beaucoup d'autres pèlerins, fera le reste. C'est « l'illumination » accompagnée d'une grande grâce de paix et de joie. Une amitié fidèle, profonde et très fraternelle va désormais le lier jusqu'au bout avec le frère dominicain, Gardien de ce haut lieu: Frère Antoine Fournier. Une très abondante correspondance, conservée dans les archives du monastère en témoigne. Désormais la pensée, le coeur et l'inspiration du compagnon sont à la Sainte Baume. De sa Touraine natale, il vient dès qu'il le peut à la Sainte Baume, avec son épouse, plusieurs fois par an. Il aime retrouver son ami le frère Antoine, le frère Paul également et ce bon chien Pilou qu'il a eu plaisir à mettre sur un de ses vitraux aux pieds de saint Lazare. Il est comme envoûté par la personnalité de sainte Marie Madeleine à travers laquelle il va découvrir le véritable visage de Jésus, pleinement homme et pleinement Dieu dans sa compassion, sa tendresse, sa miséricorde. Dès lors il va se consacrer tout entier à réaliser dans la Grotte des vitraux pleins de lumière et de couleur à la gloire de l'Apôtre de la Résurrection et son Rabbouni. Dans ce travail acharné de 1977 à 1983 il donnera le meilleur de lui-même. Les sept vitraux de la Sainte Baume seront l'épanouissement, le bouquet ensoleillé de son oeuvre de Maître verrier. Il rejoindra, auprès du Père, la Madeleine qu'il a si bien servie, le lendemain de sa fête du 22 Juillet 1985. Pierre Petit fit un vitrail par an : le premier, en 1977, se trouve au-dessus du portail d'entrée. Premier hommage à celle dont Jésus proclama « qu'on redirait partout ce qu'elle à fait pour lui ». Puis en 1978, c'est le vitrail de la Résurrection « Noli me Tangere ». En 1979, celui de la Passion sur la croix « Fontaine de la Vie » ; en 1980, « l'onction royale de Béthanie » ; en 1981, « la Résurrection de Lazare » ; en 1982, « le repas chez Marthe » et enfin, en 1983, le dernier qui est en même temps le premier dans la chronologie de la vie de Marie Madeleine: « la Pécheresse aimante et pardonnée ». Ces vitraux sont éclatants de couleurs rayonnantes et joyeuses. Oui, Pierre Petit est bien le disciple de la lumière, Lumière de Dieu. On sait l'importance de la symbolique des « couleurs » chez les Compagnons: le blanc, ce sont les larmes que Jésus a versées pour nous; le rouge c'est son sang répandu pour nous ; le bleu, ce sont les coups qu'il a reçus pour nous; le jaune, c'est la persévérance; et le vert, l'espérance.

Le pèlerin ou le compagnon pourra s'attarder en contemplant ces vitraux, car ils sont infiniment riches de mille détails et de nombreux symboles, telle cette étole bleue que porte Jésus, et qui évoque son métier de charpentier et sa vie de Serviteur... Dans un de ses écrits, Tourangeau le disciple de la Lumière déclarait lui-même : « l'Art, c'est la contemplation, l'Art c'est la plus sublime mission de l'homme... L'Art, c'est le sourire de l'âme... Oui, l'artiste est le plus religieux des hommes! ».

Voir le Cahier N°10 de nos Publications

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