J'imagine qu'il y a peu de découvertes archéologiques dans l'histoire
qui bénéficient d'autant de garanties et d'autorité que celle de 1279 à
Saint-Maximin par Charles de Salerne ! Il est vrai que le prince, tout au
long des événements, a pris toutes les précautions nécessaires et requises
pour que ses découvertes soient authentifiées sans conteste par les plus
hautes autorités compétentes !
Les documents rapportant les faits qui se sont déroulés à Saint-Maximin
en 1279 et 1280 sont de deux catégories :
a) Des procès-verbaux officiels, rédigés sur-le-champ par les autorités,
témoins directs des différentes découvertes: le 18 décembre 1279
avec la transcription de l'écrit de 710 trouvé avec le corps de sainte Marie
Madeleine; le 5 mai 1280 avec la transcription d'un écrit sur cire daté des
environs du Ve siècle; et sans doute à la même date une « lettre
testimoniale » destinée au pape et signée par le prince, quatre archevêques
et trois évêques. A ces trois chartes de la découverte, il faudrait
ajouter les actes des translations de 1281 et 1283. Les originaux de ces
différents procès-verbaux ont été longtemps conservés dans les reliquaires
de Saint-Maximin.
En 1660, sous la présidence effective du roi Louis XIV, des copies
« vidimées » en ont été trancrites et conservées jusqu'à nous
aux archives du couvent de Saint-Maximin et du séminaire Saint-Sulpice.
b) Des Chroniques. L'événement de la découverte du corps de
sainte Marie Madeleine en 1279 fit évidemment grand bruit dans tout
l'Occident chrétien. Même s'ils n'en ont pas été les témoins directs, de
célèbres chroniqueurs, quelques années après, nous rapportent l'événement
tel qu'ils ont pu le connaître soit par des témoins oculaires, soit par
des enquêtes approfondies. Parmi ces nombreux chroniqueurs, dont nous
avons encore les textes, nous en retiendrons principalement trois :
1) Ptolémée de Lucques qui, par sa fonction, connaît bien les archives
et la bibliothèque du pape. 2) Bernard Gui, dominicain, reconnu unanimement
comme un historien honnête et précis. Il est allé lui-même à Saint-Maximin
pour entendre les témoins directs de l'événement. Il a lu lui-même
les deux incriptions trouvées avec les reliques. On trouve le récit précis
de la découverte de 1279 dans deux de ses ouvrages ("Chronique des
papes et des empereurs" et "Miroir Sanctoral"), publiés au début du XIVe
siècle. 3) Le cardinal Philippe de Cabassole est également un auteur très
intérressant. Par sa fonction de conseiller, il a vécu longtemps à la cour
de Naples où il a appris de la bouche même du roi Robert, fils et
successeur de Charles II, comte de Provence, plusieurs des traits de sa
relation circonstanciée de la découverte du corps de sainte Marie Madeleine.
Le récit des événements que nous allons donner maintenant est tiré,
presque mot pour mot, des récits de Bernard Gui et de Philippe de Cabassole.
Selon les chroniques de Bernard Gui et de Philippe de Cabassole,
c'est dans la crypte même de Saint-Maximin que le prince Charles
concentra ses recherches.
En effet, le terme « Oratorium » utilisé par l'un et l'autre pour désigner
le lieu des fouilles, indique manifestement la crypte plutôt que l'église.
Charles de Salerne, le 9 décembre 1279, se trouve donc dans la crypte
avec quelques ouvriers. Après avoir ouvert les quelques sarcophages qui
se trouvent là, de côté et d'autre, y compris celui en albâtre de Marie-Madeleine,
après avoir sondé « les murs et les angles » du sanctuaire, il
décida de creuser plus profondément juste à côté du sépulcre de la bien-aimée.
Selon Philippe de Cabassole le sol était aride. Le pieux Charles,
s'étant dépouillé de sa royale tunique, prit lui-même une houe et commença
à creuser avec acharnement, en suant à grosses gouttes. Au bout d'un
certain temps, Charles de Salerne et ses ouvriers découvrirent un nouveau
sarcophage en marbre, enterré plus profondément à droite de celui de
Marie Madeleine. Alors qu'ils s'efforçaient d'ouvrir le sépulcre, une odeur
merveilleuse et considérable se fit sentir à tous les assistants. C'était
« comme si on avait ouvert un magasin de suaves parfums »
nous précise Bernard Gui qui a pu interroger par la suite les artisans de cette
découverte. Le prince Charles ayant fait lever le couvercle du tombeau,
ils purent alors contempler avec joie et grande émotion les restes
renfermés pêle-mêle du corps sacré de la sainte.
Parmi les ossements contenus dans le sarcophage, ils remarquèrent
tout de suite le crâne qui était là sans sa mâchoire inférieure. Chose
extraordinaire et bizarre : un rameau de fenouil encore verdoyant surgissait
de la langue conservée intacte et restée attachée au gosier. D'autre part,
les assistants virent qu'un petit morceau de chair encore molle était
inhérente à l'os du front de Marie Madeleine.
Malgré sa vive allégresse, Charles de Salerne ne fit rien d'inconvenant
en cette circonstance extraordinaire. Il appartenait seulement à des prélats
de l'église, revêtus de leurs ornements sacerdotaux, de toucher et de manipuler
ces ossements très saints pour en faire l'inventaire précis. Il fit donc
refermer le sarcophage et y apposa ses sceaux en plusieurs endroits.
Il convoqua rapidement les archevêques et évêques de Provence pour une
reconnaissance officielle du corps de la sainte.
Neuf jours après, le 18 décembre 1279, les archevêques d'Aix et
d'Arles et plusieurs autres prélats s'étant rendus à Saint-Maximin, on ouvrit
à nouveau le sépulcre après avoir reconnu les sceaux du prince Charles.
Les deux archevêques présents, habillés de leurs ornements pontificaux,
entreprirent de fouiller le sarcophage pour inventorier tout ce qu'il contenait.
Ils trouvèrent la quasi totalité des ossements du corps de Marie Madeleine
excepté la mâchoire inférieure et, d'après le frère Salimbene, une jambe.
Alors que, dans la poussière et la terre contenues dans le tombeau, on
remuait à diverses reprises les ossements, un morceau de vieux liège
tomba sous la main d'un des prélats. Le prince Charles l'ayant pris pour
le considérer de plus prés, ce liège se rompit en plusieurs morceaux et
on trouva qu'il renfermait une petite feuille de papyrus sur laquelle était
une inscription. L'écrit fut lu en présence des assistants; et le prince
conjointement avec les archevêques et les évêques en dressèrent aussitôt
une copie qu'ils insérèrent dans l'acte suivant :
« L'an du Seigneur 1279, le 15 avant les calendes de janvier, magnifique personnage, le seigneur Charles, fils aîné de l'illustre roi de Jérusalem et de Sicile, prince de Salerne, et seigneur honoraire du Mont-Saint-Ange, en présence des vénérables seigneurs les archevêques d'Aix et d'Arles, et de plusieurs autres prélats, a trouvé à Saint-Maximin dans un certain sépulcre de marbre de la crypte du même monastère, en recherchant par la ferveur de sa dévotion le corps de sainte Marie Madeleine, une cédule contenant ce qui suit, à savoir : « L'an de la Nativité du Seigneur 710, le sixième jour de décembre, dans la nuit et très secrètement, sous le règne du très pieux Eudes, roi des Francs, au temps des ravages de la perfide nation des Sarrasins, ce corps de la très chère et vénérable sainte Marie-Madeleine a été, par crainte de la dite perfide nation, transféré de son tombeau d'albâtre dans ce tombeau de marbre, après avoir enlevé le corps de Sidoine, parce qu'il y était mieux caché ».
Tel est donc le texte exact du premier procès-verbal dressé en date du 18 décembre 1279. L'écrit sur papyrus daté de l'an 710 et authentifiant les ossements de Marie Madeleine est, on s'en doute, la pièce maîtresse de la découverte de 1279. En effet, il n'est pas possible de remettre en cause l'historicité des événements qui ont eu lieu en 1279 et 1280 à Saint-Maximin : Charles de Salerne a bien découvert dans la crypte de cette basilique un sarcophage du Ve siècle contenant les ossements d'une femme.
La redécouverte du corps de Marie Madeleine à Saint-Maximin en
décembre 1279 fit évidemment grand bruit dans tout l'Occident chrétien.
Tout le monde en parla, à commencer par un grand nombre de chroniqueurs
de l'époque. Des fêtes liturgiques furent instituées avec des textes
rappelant l'événement. Une élévation solennelle du corps retrouvé de la
sainte fut décidée pour le 5 mai 1280 à Saint-Maximin. Une foule
considérable y assista. Le prince Charles avait invité pour la circonstance
« des prélats, tant de la Provence que du royaume de France, les comtes,
les barons et une multitude de religieux, de chevaliers et de personnages
de marque, alors employés dans les conseils et à la cour, ainsi que
beaucoup d'autres gentilshommes attachés à sa personne et revêtus des
principales charges de la magistrature. Tous s'étant trouvés à Saint-Maximin,
le prince reconnut les sceaux, et après qu'ils eurent été rompus
en sa présence, il ordonna d'ouvrir de nouveau le monument ».
« Les prélats, revêtus de leurs ornements, s'approchèrent alors pour
retirer les saintes reliques, et, pendant qu'ils s'acquittaient de ce ministère,
ils aperçurent parmi les reliques mêmes un globe de cire, auquel on
n'avait point fait attention dans la dernière ouverture du tombeau. Ce globe,
que l'on rompit, contenait sur une "tablette de bois", enduite de cire,
l'inscription suivante : Hic requiescit corpus beatae Mariae Magdalenae.
(Ici repose le corps de la bienheureuse Marie Madeleine). »
(cf. Faillon I, 875)
Cette inscription était très ancienne et fut difficile à lire pour les
assistants. D'après les termes mêmes utilisés par Bernard Gui et Philippe
de Cabassole, l'abbé Faillon pense à juste raison que cette inscription était
gravée sur une tablette de bois ronde et enduite de cire, comme on en
utilisait encore à l'époque de Jean Cassien (Ve siècle) pour correspondre.
Quelle date attribuer alors à cette tablette de cire ? Le père
V. Reboul la faisait remonter au Ier siècle, Bouche au IIIe
siècle, le père Alexandre pense qu'elle ne peut être postérieure au Ve
siècle. Ayant appris récemment par un responsable de l'analyse des reliques de Marie
Madeleine effectuée en 1974 que tous les ossements de la sainte avaient
été très certainement enduits de cire pour leur conservation, je serais
enclin à penser que cette tablette est au moins de la même époque que
le sarcophage d'albâtre du IVe siècle dans lequel avait été placé primitivement
le corps de Marie Madeleine. De toute façon, cette tablette de
cire identifiant les ossements de Marie Madeleine est manifestement
antérieure à l'inscription de 710.
« La découverte de ce nouveau témoignage remplit tous les assistants
d'allégresse, et on dressa l'acte suivant qui fut joint au précédent par
manière d'addition : » (Faillon I, 875)
Et l'an du Seigneur 1280, le 3 avant les nones de mai, en présence du prince et des prélats susnommés, ainsi que de plusieurs autres prélats et personnes religieuses et ecclésiastiques, le corps de la dite sainte Marie Madeleine a été élevé et montré publiquement à un peuple innombrable, qui était accouru de toutes parts; et l'on a trouvé une autre cédule ainsi conçue : ici repose le corps de Marie Madeleine.
Charles de Salerne, désirant informer le pape de cette découverte et lui envoyer les autographes mêmes des deux inscriptions trouvées avec le corps, réunit les archevêques de Narbonne, d'Arles, d'Embrun et d'Aix, avec les évêques de Maguelone, d'Agde et de Glandèves, pour attester, conjointement avec eux, la découverte de ces deux pièces. Ces prélats, après en avoir reconnu l'identité, les renfermèrent l'une et l'autre dans un acte, qu'ils scellèrent chacun de leur sceau, et que le prince scella du sien propre. Cet acte, qui paraît avoir été accompagné d'une enquête juridique de l'élévation et de la vérité des saintes reliques était conçu en ces termes :
« Les deux inscriptions qui ont été trouvées dans le sépulcre et font mention du corps de sainte Marie Madeleine, comme il a été plus amplement exposé dans les lettres munies des sceaux de plusieurs prélats, et de très-excellent personnage, le seigneur Charles, prince de Salerne, ces deux inscriptions ont été renfermées ici, dans cette présente charte, afin que notre seigneur le pape et ceux qui les verront, acquièrent une plus ferme certitude de cet événement, après les avoir considérées et avoir apprécié leur antiquité et la forme de ces écritures. En foi de quoi, nous, par la miséricorde de Dieu, archevêques de Narbonne, d'Arles, d'Embrun et d'Aix; et nous évêques de Maguelone, d'Agde, de Glandèves, nous avons apposé nos sceaux à la présente charte, avec celui du prince déjà nommé. » (cf. Faillon I, 877)
Charles de Salerne, ayant trouvé et fait reconnaître le corps de Marie
Madeleine, décida de placer les différents ossements dans des châsses
dignes du précieux trésor qu'elles allaient renfermer.
Ayant mis de côté le chef de la sainte en vue, sans doute, de le placer
dans une église plus considérable que celle de Saint-Maximin, le prince
fit exécuter une châsse en argent qui contiendrait tous les autres
ossements et resterait à Saint-Maximin. Cette châsse, tout en argent et
enrichie de divers ornements d'or, fut exécutée par un artiste réputé de
l'époque et terminée pour l'année 1281.
...
« Charles, ayant ainsi renfermé dans ces diverses châsses toutes les
reliques de sainte Marie Madeleine, songeait à donner plus d'importance
au prieuré de Saint-Maximin ou, si ce projet ne réussissait pas, à faire
construire ailleurs une magnifique église pour y placer le chef de cette
sainte ». (Faillon I, 913-914)
...
Ce n'est qu'en 1295 que Charles II, nouveau comte de Provence et
roi de Sicile, put enfin se présenter à Rome devant Boniface VIII. Outre
son projet d'établir l'ordre des Frères Prêcheurs à Saint-Maximin, il
apportait avec lui le chef de sainte Marie Madeleine (auquel nous l'avons
dit, il manquait la mâchoire inférieure), les procès-verbaux rédigés en 1279
et 1280, ainsi que les deux inscriptions trouvées dans le sarcophage.
Le Cardinal de Cabassole, à propos de cette rencontre entre Boniface
VIII et Charles II à Rome nous rapporte un fait nouveau et surprenant
concernant l'authenticité des reliques. Ce fait, il dit le tenir directement du
roi Robert, fils et successeur de Charles II, dont il était devenu le
chancelier de son royaume.
Voici ce fait : quand Charles II présenta au pape Boniface VIII le crâne
de Marie Madeleine sans sa mâchoire inférieure, celui-ci déclara qu'on
honorait justement dans la sacristie de Saint-Jean-de-Latran, une mâchoire
inférieure attribuée à la sainte de l'Evangile. Le pape fit alors chercher
cette relique insigne et l'ayant rapprochée du chef amené de Provence,
tous les assistants présents à cette scène purent constater la parfaite
conformité de l'une à l'autre et la justesse avec laquelle elles se
répondirent.
Le pape, alors convaincu de l'identité du chef et de la mâchoire donna
avec joie cette dernière au roi Charles II. Enfin par une bulle du 6 avril
1295, Boniface VIII donne pouvoir à Charles II d'établir à Saint-Maximin
et à la Sainte-Baume des religieux de l'ordre de Saint-Dominique à la
place de ceux de Saint-Victor.
Toute la valeur et l'importance de la découverte effectuée par Charles
de Salerne en 1279-1280 reposent principalement sur l'authenticité des
deux anciennes inscriptions jointes aux reliques contenues dans le sarcophage
dit de saint Sidoine. Nous voulons parler de l'écrit sur papyrus de
710 et de l'inscription sur tablette de cire que nous avons datée
antérieurement au Ve siècle.
Parlons de cette deuxième inscription. A la rigueur, il serait possible
de dire qu'elle ait été l'oeuvre d'un faussaire. Ne l'ayant plus sous les yeux,
nous en sommes réduits à la seule critique interne. Mais le texte de cette
inscription très courte et très facile ne permet pas de conclure absolument
à son authenticité. Néanmoins nous pouvons nous rallier avec confiance
au jugement des témoins autorisés et compétents de l'époque qui l'ont vue
et ont reconnu, eux, son authenticité.
Par contre, pour la première inscription trouvée dans un morceau de
vieux liège, et que nous avons pensé devoir dire être rédigée sur papyrus,
il nous paraît impossible de ne pas reconnaître son authenticité. Autant
la composition du matériau qui contient cette inscription que le texte lui-même
nous obligent à reconnaître que cet écrit ne peut absolument pas
être l'oeuvre d'un faussaire. Nous devons donc admettre qu'en 710, le
sixième jour du mois de décembre, des moines cassianites de Saint-Maximin
ont transféré d'un tombeau en albâtre dans un autre tombeau
attribué à saint Sidoine (et qu'ils ont enfoui dans le sol de la crypte), les
restes d'un corps de femme qu'ils disaient être celui de sainte Marie
Madeleine. Reconnaître l'authenticité de cet écrit de 710 n'a pas de quoi
nous surprendre dans la mesure où l'on admet l'existence des témoignages
de la tradition de Marie Madeleine en Provence dès le Ve siècle. Ces
témoignages nous en avons suffisamment parlé dans le "Cahier N° 4/5
de la Sainte-Baume". Cet écrit de 710, dont l'authenticité est attestée
depuis des siècles par des autorités les plus diverses, est évidemment une
"Pièce majeure", car il interdit cette construction toujours hypothétique qui
ne ferait remonter la tradition magdaléenne en Provence qu'au XIe siècle.
Ainsi, au début du VIIIe siècle, les religieux de Saint-Maximin étaient
persuadés posséder le corps de sainte Marie Madeleine. Peut-on remonter
au-delà avec autant de certitude ?
Oui, si l'on peut admettre que le tombeau en albâtre du IVe siècle
ne pouvait être que celui de Marie Madeleine !
La réponse semble nous être normalement donnée dans ce fait qu'en
1859, lors de la réfection du dallage de la crypte, on trouva enfouies trois
tombes paléochrétiennes faites de pierres et de tuiles.
Comme nous l'avons écrit dans le "Cahier de la Sainte-Baume
N° 4/5", nous nous trouverions ici en face du même phénomène constaté
à Saint-Pierre de Rome, à savoir le transfert de corps saints, enterrés
pauvrement à une époque primitive et de persécution, dans des sarcophages
plus riches à une époque de chrétienté officielle. La tablette de
cire trouvée en 1280 avec l'inscription "Ici repose le corps de la bienheureuse
Marie Madeleine" pourrait dater de ce premier transfert au IVe siècle.
La crypte primitive dont on peut trouver encore quelques éléments
aurait été bâtie tout exprès pour y abriter le corps de la sainte patronne
de la Provence.
Les opposants à cette vénérable tradition de Provence n'ont jamais
été capables de dater et d'expliquer sérieusement les origines de cette
soi-disant "légende médiévale" qu'ils nous proposent. Ce ne sont qu'échafaudage
d'hypothèses tout à fait gratuites et pour lesquelles ils sont obligés
de rejeter comme "faux" un grand nombre de documents et de monuments
anciens.
Au terme de cette étude, j'ai désormais, pour ma part, au risque de
passer pour un esprit simple "à la crédulité désarmante", l'intime conviction
que cette tradition est solide et que notre Provence a bel et bien été
évangélisée par les plus proches parents et amis de Jésus. Que l'on en
pense ce que l'on voudra, l'essentiel restant pour moi, gardien actuel de
la grotte de la Sainte-Baume, de mettre, à la disposition de tous, les pièces
et éléments de ce riche patrimoine commun.
La Sainte-Baume le 1er décembre 1989
Fr. Philippe Devoucoux du Buysson O.P.
Pour obtenir cette étude complète, voir le Cahier N°6 de nos Publications