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Promenade botanique dans la chênaie-hêtraie de la Sainte-Baume

Pour l'amateur de nature, voici, au coeur de la Sainte-Baume, une promenade inoubliable sous les hautes frondaisons des hêtres et des chênes avec l'accompagnement sonore d'innombrables oiseaux et la palette multicolore des tapis de fleurs.

Promenade pédestre itinéraire départ à 3,5 km après Plan d'Aups randonnée dans la forêt domaniale de la Sainte-Baume puis retour au point de départ. Durée: de 4 à 6 heures suivant les chemins. Altitude de 670 à 990 m.

Pin sylvestre, genévrier, genêt épineux, chêne pubescent, pin d'Alep, lavande, thym, brome, lichens foliacés, fruticuleux ou crustacés, hêtre, érable, sorbier, tilleul, if, houx, fusain, cornouiller mâle, hellébore, anémone hépatique, amélanchier, ficaire, violette pourpre, pervenche, digitale jaune, ancolie bleue, primevère jaune, noisetier, érable, orchidée, néottie nid-d'oiseau, lys martagon, sceau de Salomon, fougère, genêt de Lobel, chêne kermès, lierre.

Ecureuil gris, mésange huppée, coléoptères, hyménoptères, éphippigères, couleuvre lisse, lézard vert, pouillot véloce, pouillot de Bonelli, rouge-gorge, grive draine, troglodyte, fauvette grise, pics, pélodyte, crapaud accoucheur, Cerambyx cerdo, tabac d'Espagne, Rosalia alpina, grive musicienne, sittelle torchepot, roitelet triple-bandeau, pic vert, pic épeiche, pic épeichette, merle bleu, hirondelle des rochers, merle des rochers, aigle de Bonelli, grand corbeau, grand duc.

 

I) Partir de la D 80, à 3,5 km au N.-E. de Plan-d'Aups. Emprunter la voie à gauche de la route, en face du panneau « Forêt domaniale ». La suivre sur environ 300 m, puis tourner au premier embranchement à droite.

Sur la gauche, dominé par les troncs rougeâtres des pins sylvestres (Pinus silvestris) - stade de dégradation de la chênaie - et les massifs épineux des genévriers (Jumperus communis), un tapis discontinu de genêts épineux (Genista hispanica) craque sous les pieds. Sur la droite se dressent çà et là des chênes pubescents (Quercus pubescens) et quelques pins d'Alep (pinus halepensis) dont les ramures lâches surplombent genévriers de Phénicie (Juniperus phoenicea) à fruits rouges et feuilles en écailles, lavande (Lavandula vera), thym (Thymus vulgaris) et brome (Bromus erectus). Au pied de certains pins, de nombreux cônes décortiqués, dont seules subsistent les écailles terminales en plumet, témoignent de l'appétit des écureuils gris. Des frondaisons enchevêtrées des pins sylvestres parvient le cri de la mésange huppée, cependant qu'à proximité s'accouplent (de mai à août), de préférence sur des fleurs jaunes et en plein soleil, de petits coléoptères noir bronze dont les larves se développent sous l'écorce des branches sèches.

 

En suivant les détours plus ou moins ombragés du sentier, on remarque que les chênes pubescents deviennent de plus en plus nombreux, les pins d'Alep disparaissent, tout comme certaines espèces arbustives : l'association du chêne pubescent est alors à son optimum. Les troncs sont recouverts de lichens foliacés, fruticuleux ou crustacés, témoins de l'humidité importante de la région, 1000 à 1200 mm de pluie par an contre 500 à 600 mm à Marseille. Une observation attentive des branches et des feuilles permet d'apercevoir de nombreuses galles ou cécidies résultant des pontes de femelles d'insectes, hyménoptères le plus souvent : Cnips kollaris, qui produit sur les branches des galles en bille; C. caputmedusae, qui détermine une galle volumineuse avec de nombreux prolongements ondulés; C. quercuscalisis, qui forme de magnifiques chapeaux brun vernissé sur les glands.

A la belle saison, serpentant sur la litière de feuilles de chênes (gage d'une microfaune et d'une microflore abondantes), et faisant jaillir des geysers d'éphippigères (proches parentes des sauterelles et dont les stridulations vrillent l'air), la couleuvre lisse cherche à faire peur tandis que le lézard vert somnole au soleil. Sur leurs perchoirs de verdure, pouillot véloce, pouillot de Bonelli, rouge-gorge, grive draine, troglodyte, fauvette grise et sittelle répètent à qui mieux mieux leur partition, soutenus par les « tac-tac » des pics, dont les pointes de bec en forme de ciseau à bois, sculptent l'écorce de marques étroites et allongées pour chercher larves et nymphes. Au crépuscule, le « crek-crek » du pélodyte répond au doux « clock-clock » du crapaud accoucheur; c'est l'heure où un splendide coléoptère (Cerambyx cerdo) quitte les chênes pour aller chasser.

 

2) Dans la chênaie, une clairière plus dégagée permet d'admirer le magnifique panorama de la face N. de la Sainte-Baume. Au printemps et en automne, il est aisé de distinguer la forêt de hêtres (à teinte violacée) remontant jusqu'au col du Saint-Pilon, entourée par la chênaie, plus rousse et qui a tendance à l'envahir. La présence de ce col et de la falaise explique la localisation très précise et le maintien des hêtres. En effet, par temps pluvieux, les nuages venant d'E.-S.-E. longent la barre rocheuse et, par le col, dévalent sur la forêt, permettant la réalisation d'un microclimat plus humide nécessaire à sa survie.

 

3) Le trajet dans la chênaie pubescente se poursuit jusqu'à une bifurcation à gauche. Prendre alors vers la droite et traverser les lapiaz puis les pelouses en direction de l'hôtellerie située à la verticale de la chapelle du Saint-Pilon sur la falaise.

 

4) Après être passé devant l'hôtellerie, suivre par la gauche le sentier vers la forêt; en y entrant, tourner à gauche.

Les hautes frondaisons des chênes et des hêtres (Fagus silvatica) pluricentenaires (une cinquantaine dépassent 3 m de tour) dominent des érables (Acer campes/re, A. opalus), des sorbiers (Sorbus torminalis. S. Aria), des tilleuls (Tilia silvestris), des houx (Ilex aquifolium), des fusains (Evonymus latifolius), des cornouillers mâles (Cornus mas), des ormes (Ulmus campestris) et, en grand nombre, des ifs, dont les fruits rouges ou arilles sont très appréciés de beaucoup d'oiseaux : les grives par exemple les avalent entiers, mais ne digèrent pas les graines, ce qui favorise une dissémination des ifs (qui n'est pas réalisée naturellement) et explique leur abondance.

Au pied des arbres, la strate herbacée montre une périodicité dans l'apparition des espèces en rapport avec la saison et avec l'accroissement progressif du couvert feuillu. L'hiver est caractérisé par un court repos saisonnier marqué par les fleurs verdâtres des hellébores (Helleborusfoetidus). Les mois de février et de mars annoncent le début de l'enchantement visuel du sous bois : tapis bleu des anémones hépatiques (Anemone hepatica), taches blanches des amélanchiers (Amelanchier ovalis), tandis que les ficaires (Ficaria verna) ponctuent de jaune leurs emplacements. En avril, violettes pourpres (Viola silvatica) - nourriture de certains papillons, dits tabacs d'Espagne -, pervenches bleu-violet (Vinca major), digitales jaunes (Digitalis lutea), ancolies bleues (Aquilegia vulgaris), primevères jaunes (Primula suaveolens) - qui serviront d'aliment pour les larves d'un petit papillon marron -, ajoutent leur touche à la palette du sous-bois, tandis que les noisetiers, les érables, les hêtres déploient progressivement leur feuillage vert tendre. Le maximum de floraison est atteint en mai, avec l'apparition des orchidées, dont la brune néottie nid-d'oiseau (Neottia nidus-avis), du rare lis martagon (Lilium martagon) et des clochettes blanches du sceau-de-salomon (Polygonatum officinalis), liliacée voisine du muguet. A partir de juin, la raréfaction des fleurs s'amorce, en rapport avec la diminution de la luminosité par l'étalement maximal du parasol feuillu, dispensateur d'une fraîcheur parfois surprenante.

 

5) et 6) Le chemin emprunté passe devant de nombreux sorbiers et érables (sur la gauche) puis, à partir du carrefour vers la grotte (à droite ), des cornouillers, des ifs ( dont les rameaux d'un vert vif atteignant parfois 8 à 10 m. et les troncs de plus de 3 m de tour révèlent des arbres de plus de mille ans), des houx (également imposants de 10 m de haut et 0,80 m de tour) avec des feuilles souvent entières.

 

7) Un peu plus loin, deux bancs permettent d'admirer de très beaux hêtres (avec leur coléoptère bleu cendré à taches noires Rosalia alpina) tout en se laissant charmer par les trilles de la grive musicienne (indicatrice d'une ambiance septentrionale), de la sittelle torchepot (très abondante), du roitelet triple-bandeau (principalement dans les ifs), auxquels se joignent les espèces de la chênaie. En tendant l'oreille, on peut percevoir les martèlements du pic noir (découvert en 1974 et indiquant un milieu forestier très évolué), du pic vert, du pic épeiche et du pic épeichette (il est peu fréquent que les quatre pics soient réunis dans la même forêt). Plus loin, l'eau pure et fraîche de la fontaine de Nans s'offre à la dégustation avec un clapotis cristallin, rafraîchissement bienvenu avant le parcours final.

 

8) Au croisement indiquant la grotte, prendre à gauche. Le sentier traverse la hêtraie pure, longeant un moment la falaise humide, refuge de nombreuses mousses et fougères, et habitat plus ou moins prisé du merle bleu, de l'hirondelle de rochers ou du merle de roche. Les derniers détours escarpés permettent de sortir de la forêt. L'organisme doit se réaccoutumer à la chaleur, et les yeux à l'éclatante luminosité avant de pouvoir scruter, comme ceux de l'aigle de Bonelli (très rare), du grand corbeau ou du grand duc, la vaste étendue qui s'offre à eux. Encore un effort et le col du Saint-Pilon est franchi, marqué par l'apparition d'un vent plus ou moins fort. La végétation change du tout au tout : ce ne sont que petits buissons et arbustes ras, dont la forme en boule indique l'adaptation au vent et à la sécheresse du sommet. On aborde le domaine de l'association à genêt de Lobel (genista lobelii), espèce rare en forme de petite coussinets épineux. La chapelle du Saint-Pilon permet d'admirer un des plus beaux panoramas de Provence: devant nous les hêtres déploient leur feuillage vert clair, masquant toute autre espèce tant leurs fûts sont élevés. Plus loin la chênaie étend son vert plus intense, mitée du vert foncé des pins sylvestres. Plus loin encore les pins d'Alep entourent le village de Nans. Un demi-tour, et l'on aperçoit des junipéraies de Riboux ; au-delà, les taches vert-jaune des chênes kermès (Quercus coccifera) marquent la dépression de Cuges. Un dernier regard, et le retour s'effectue par le même trajet.

 

9) Malgré la fatigue, la visite de la grotte s'impose. On ne peut faire autrement que de suivre les traces de nombreux rois,. huit papes, plusieurs saints, venus se recueillir dans le refuge où Marie Madeleine - au premier siècle de la chrétienté - expia ses péchés. Ce sera l'occasion de contempler un chêne vénérable de près de 7 m de tour et des lierres pluricentenaires aux troncs énormes couvrant sur plusieurs dizaines de mètres la falaise abrupte.

 

10) Revenir jusqu'au croisement, prendre à gauche, puis après avoir admiré de très belles diaclases moussues, tourner à droite au hêtre - le Canapé - et suivre le tracé vers l'hôtellerie. Pour ce faire, on peut utiliser l'itinéraire assez fréquenté qui traverse directement la hêtraie (dégradée par endroits avec houx et ifs dominant un tapis de lierre), puis la chênaie.

 

11) et 12) On peut aussi choisir un trajet plus long, plus calme, plus « naturel » (petit sentier après le deuxième banc, puis à gauche - chemin de l'aller - encore à gauche - chemin étroit sur 500 m - et à droite).

Particularités / curiosités

Des eaux couleur de sang

Le Grand et le Petit Lautien ou Laoucien, étangs circulaires situés dans le Var au bord de la D 64, à 330 m d'altitude, entre La Roquebrussanne et Garéoult, présentent un faciès caractéristique de dolline d'effondrement (cavité souterraine karstique, dont le plafond s'est éboulé à la suite de la dissolution aqueuse des matériaux sous-jacents). Ils ont la même origine que les trois lacs de Tourves et que le lac proche de Besse-sur-Issole. Le Grand Lautien, gouffre inquiétant aux pentes raides, de 150 m de diamètre et 43 m de profondeur, voit le niveau de ses eaux varier considérablement (jusqu'à 25 m) suivant l'abondance de la nappe phréatique qui l'alimente. Selon la tradition populaire, le 1er novembre 1755, à l'instant même du tremblement de terre qui détruisit Lisbonne, les eaux du Grand Lautien prirent la couleur du sang. Il s'agit plus vraisemblablement du développement en quantité inhabituelle d'une algue unicellulaire. Le Petit Lautien, situé à proximité, beaucoup moins étendu et moins profond, est souvent à sec, car son alimentation dépend du niveau de son voisin. L'intérêt essentiel de ces lacs, en dehors de leur étrange aspect, réside dans la curieuse faune d'invertébrés qu'ils hébergent.

Le crapaud accoucheur (Alytes abstetricans)

L'espèce a un mode de reproduction exceptionnel chez les batraciens. Après massage cloacal de la femelle par ses pattes postérieures, le mâle comme un obstétricien (d'où son nom) provoque la sortie des ovules par pression ou introduction de ses pattes dans le cloaque de sa partenaire. Les ovules (20 à 100) sont reliés en chapelet par deux cordonnets, le mâle les inonde de sperme mélangé d'urine, il entortille ensuite le chapelet d'oeufs autour de ses pattes postérieures, les remontant jusque sur son dos. Il garde ces oeufs de 24 à 44 jours, allant les baigner de temps à autre si le temps est trop sec.

Un insecte orchestre

N'en déplaise au fabuliste, la cigale ne chante pas tout l'été, mais seulement quatre semaines. L'appareil musical qu'elle utilise n'existe en effet que chez l'adulte, dont la vie est brève. Cet appareil est un véritable orchestre comptant un tambour, des cymbales et une cornemuse qui mobilisent la presque totalité de l'organisme de la cigale pour émettre des sons modulés. Cet insecte-orchestre a une vie très précaire. Chaque ponte, injectée dans une branche d'arbre par la femelle, compte quarante oeufs environ, dont quelques uns seulement parviendront à l'état adulte, les autres étant mangés par des parasites. L'oeuf donne une larve jaune d'or qui chemine dans la matière ligneuse en direction de l'écorce. La première mue se produit quand la larve sort à la surface de l'écorce. Fourmis et oiseaux sont friands de cette deuxième larve, qui descend par un fil de soie jusqu'au sol. Le fil se rétracte ensuite, formant un écheveau bien visible à côté de l'orifice de sortie. La larve s'enfonce dans la terre, où elle sert d'aliment aux courtilières. Sa vie souterraine dure près de quatre ans. Puis la nymphe sort de terre pour donner enfin, à l'issue d'une ultime mue, la cigale adulte. Celle-ci vit et chante quatre à cinq semaines, en butte aux oiseaux, aux lézards, aux araignées. Dans ce monde des insectes provençaux, on voit peu la cigale. On remarque plutôt les papillons : le flambé, le citron de Provence et différentes vanesses.

Document anonyme conservé dans les archives de la grotte

Images en vrac

Ancolie Asphodèle Belladone Céphalentère blanche Crocus d'automne Echinops Eupatoire chanvrine Genêt Iberis Alpina Liondent d'automne Lys Martagon Ophrys scolopade Orchis moucheron Orchis purpurea Pervenche Pin Laricio Chouette et sa proie Grand Paon Ancolie Pinson des arbres Trichade

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