aquarelle basilique St-Maximin Vue intérieure basilique St-Maximin

Visite de la Basilique de la Madeleine à Saint-Maximin

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En différentes occasions, il m'a été demandé de faire visiter la basilique de la Madeleine à Saint-Maximin. Pour une telle visite, je me suis toujours appliqué à commencer par le commencement à savoir la visite de la crypte. En effet, c'est à cause de la crypte et surtout du précieux trésor qu'elle renfermait et qu'il avait retrouvé en 1279 que Charles II, en 1295, fit édifier « sa » merveilleuse basilique sur les plans du meilleur architecte de son père Charles Ier, qui avait déjà édifié à Naples « Le Château Neuf ». Ce grand architecte s'appelait Pierre d'Angicourt et était surnommé « Pierre le Français » car il était originaire de l'Oise en France.

La Basilique ainsi commandée devait être un prestigieux et lumineux écrin pour mettre en valeur l'incomparable trésor découvert dans la dite crypte, à savoir le corps de la sainte apôtre de la Résurrection de Jésus : Marie Madeleine. Cette Basilique devait être majestueuse, mais surtout lumineuse, très lumineuse.

On connaît la célèbre appellation donnée par le poète Mistral à notre basilique : « La Fenestrado Basilico ». En effet, c'est la légèreté et la luminosité qui devaient dominer dans un tel écrin. Sur trois niveaux, il était prévu à l'origine une multitude d'ouvertures garnies des plus beaux vitraux.

Lisant récemment un ouvrage sur « La Sainte Chapelle » à Paris, j'ai subitement pris conscience de la parenté troublante qui existe entre le monument parisien et notre basilique de la Madeleine à Saint-Maximin. Il me semble désormais manifeste que Charles II, neveu et admirateur du roi saint Louis, a pensé au monument chéri et construit par son oncle quand il eut le projet d'édifier sa basilique en l'honneur de Marie Madeleine. L'un et l'autre n'eurent le projet que d'édifier ce que j'appellerai une « basilique reliquaire » dans laquelle les couleurs et les multiples lumières chanteraient la louange du Christ de la Passion et de la Madeleine, accompagnatrice privilégiée du Sauveur.


Quant à la crypte elle-même, cause de l'édification de la basilique, les fouilles archéologiques de 1994 ont manifesté clairement que ce petit bâtiment religieux était à l'origine, « aérien » et non pas souterrain. En effet, les fondations découvertes d'une primitive basilique et d'un baptistère se situaient à plus de 2 mètres du niveau actuel du sol. Ce qui correspond au niveau de la dite crypte. Il fallait donc envisager de ne plus considérer celle-ci comme un caveau funéraire souterrain mais tout simplement comme un petit oratoire semblable à celui qui avait été élevé à la même époque à la place des 13 cantons à Marseille ; semblable également à celui qui existait dans la cathédrale St. Sauveur à Aix en Provence et qui a été détruit au 19ème siècle. Face à cette révélation capitale due aux fouilles de 1994, j'en suis arrivé à penser avec une grande conviction que cette « crypte » de la basilique de la Madeleine n'est rien d'autre que l'Oratoire de saint Maximin où un écrit très ancien du 7ème siècle nous dit qu'il communia Marie Madeleine avant qu'elle ne rendit son dernier soupir à ses pieds. Après quoi, il l'aurait ensevelie dans ce même oratoire. Deux choses très curieuses confirmeraient cette Tradition. La première est qu'en renouvelant le dallage de cette crypte-oratoire en 1860, on retrouva, à 50 cm du sol, trois pauvres tombes rustiques avec des tuiles qui étaient vides de tout ossement. Ne s'agissait-il pas des premières sépultures de Marie Madeleine, Maximin, et Sidoine ?

La deuxième chose curieuse et intéressante c'est qu'un auteur (je ne sais plus lequel ?) nous désigne que le petit autel de la grandeur d'un « cippe » gallo-romain est conservé au bas de l'escalier qui monte dans « la gloire ». J'ai eu l'occasion de voir cet autel primitif qui a été transformé à une certaine époque en lavabo. Le pèlerin allemand Hans Von Waltheym, qui effectua son pèlerinage à Saint-Maximin en 1474, nous dit qu'il a vu ce « petit autel » à l'entrée de la crypte et « qu'il entendit là six messes basses ».

Bien sûr, on est en droit de penser de cela tout ce qu'on veut : légende, imagination, fausseté ou réalité. Il n'en demeure pas moins que les soubassements de cette crypte-oratoire (sur environ 1 mètre de hauteur) ont été examinés avec soin à la fin du 19ème siècle par des archéologues reconnus, tel Le Blant. Sans se douter à l'époque qu'ils se trouvaient dans l'enceinte d'un bâtiment "aérien", ils concluaient néanmoins que ces fondations étaient d'époque gallo-romaine.

Heureusement que Charles II a construit sa basilique sur ce très ancien et très précieux monument qu'était l'Oratoire de saint Maximin ! Grâce à lui, nous avons sans doute à Saint-Maximin le plus ancien édifice de la chrétienté.

Fr. Philippe DEVOUCOUX

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